Le jardin de Badalpour, Kénizé Mourad

Publié le par Geneviève

livre de poche

Une autobiographie (?) passionnante de l'auteur de "De la part de la princesse morte". On y découvre un chemin de vie particulièrement difficile, sur la trace de ses origines paternelles, la description "de l'intérieur" des milieux intello-révolutionnaires des années 60 à Paris, le choc des cultures française et indienne.
GL

Nous avons été très nombreux à avoir aimé "De la part de la princesse morte" où l'auteur racontait la vie mouvementée et tragique de sa mère, princesse ottomane. Dans cet ouvrage, elle raconte sa quête de ses origines paternelles, ses retrouvailles avec son père, en Inde. Certains parlent de roman, si c'est le cas il est en partie autobiographique. Difficile à déméler. Le ton est étonnament sincère, en particulier pour parler des relations difficiles avec le père retrouvé.

Ce qu'elle n'a pas compris, ce qu'elle ne comprendra que plus tard, c'est que son père se fiche éperdument de l'estime ou du mépris de qui que ce soit. Contrairement à elle, qui ne vit que si elle se sait aimée, qui ne se sent exister que dans le regard de l'autre, Amir, lui, n'a besoin de personne. Et ce, moins par orgueil que par stoïcisme : "Faites ce que vous jugez devoir faire, lui dira-t-il un jour, de toute façon, vous serez encensée par les uns et critiquée par les autres. N'y prêtez pas attention, car cela a fort peu à voir avec vous : en réalité, vous n'êtes alors qu'un prétexte à l'expression des humeurs, des besoins ou des contradictions de votre entourage.

Mais je ne mens pas : je suis autant cette Zahr que l'autre, peut-être plus... En France, j'avais toujours l'impression d'être différente, de ne pas me trouver tout à fait à ma place. Ici, j'éprouve un sentiment d'appartenance, d'harmonie avec ce qui m'entoure, de paix. Je ne me pose plus de questions.
- Plus de questions ? Quelle horreur ! Tu dors ou tu es morte ?
- Je t'en prie, laisse-moi tranquille. Pour le moment, j'ai simplement envie d'être un peu heureuse, de me laisser aller pour la première fois dans les bras d'un père, de me laisser cajoler, aimer. Je sais bien que le paradis ne peut durer, mais j'ai bien le droit d'en profiter un peu !

Hélas, la majeure partie de l'élite musulmane, confondant modernisation avec occidentalisation, s'est coupée de sa culture et de son peuple. Elle a failli à sa mission d'éclairer les esprits et de faire évoluer les mentalités ; elle a abandonné les populations aux forces manipulatrices les plus réactionnaires. D'où les aberrations et les drames auxquels nous assistons aujourd'hui.

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