La tache, Philip Roth

Publié le par Geneviève

éditions Gallimard

Traduction de l'anglais : "Human stain". Je suis en train de lire Human Stain de Philip Roth. Je n’avais rien lu de lui depuis Portnoy’s Complaint que, d’ailleurs, je n’avais pas aimé. Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis et Human Stain est un récit d’une impressionnante maturité. Philip Roth nous offre un suspense psychologique presque insoutenable.
On a facilement l’impression que l’intelligence consiste à pouvoir parler DE certaines choses : architecture médiévale, littérature, astronomie, philosophie, etc… alors qu’elle consiste à pouvoir parler intelligemMENT de ce que l’on connaît, même si l’on ne connaît pas grand chose, puis à savoir se comporter intelligemMENT avec les autres, quelles que soient leurs différences culturelles ou comportementales. La culture s’apprend mais l’intelligence ne s’apprend pas. C’est le revers logique du dicton populaire : « Quand on est con, c’est pour la vie » ! On pourrait préciser : « Quand on est intelligent, c’est dès le départ ou jamais ».
Donatien Moisdon

L'histoire :

C'est celle d'un double conflit :

1.        Un métis surdoué rejette la facilité qui consisterait à faire psychologiquement partie de la population noire. Il en rejette surtout la radicalisation et l’intolérance. Sa peau est si claire qu’il décide d’ « être » blanc. Il devient professeur de grec et latin dans une université puis, au sommet de sa carrière, se fait censurer puis se voit contraint de démissionner à cause d’une remarque totalement innocente de sa part mais qui est considérée comme raciste. Même le professeur noir que, en tant que doyen de la section grec-latin, il avait lui-même engagé quelques années plus tôt, se retourne contre lui, disant qu’il ne peut pas faire autrement. On imagine la « tempête sous un crâne » comme aurait dit Zola (ou est-ce Hugo ?).

2.        Coleman Silk, tel est le nom de ce noir-blanc, entame alors une liaison avec une « technicienne de surface », c’est à dire, si l’on fait abstraction du jargon soixante-huitard, une femme de ménage qui travaille à l’université. Quelle belle occasion d’intensifier les attaques contre le « raciste » !

Lors d’un premier mariage, Coleman avait connu une femme intellectuellement son égale mais ce mariage n’avait pas été heureux. Avec cette liaison, il redécouvre la passion – qu’il avait connue durant ses années d’étudiant mais dont il avait perdu l’habitude – et découvre toute la richesse que peut receler un être humain qui ne possède pas de diplômes universitaires.

 

"La tache" a obtenu le prix "Médicis - étranger" 2002

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article