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  • : Geneviève
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  • : tellement !
  • : je me présente sur mon site internet : www.meslivres.net
Dimanche 13 avril 2008

éditions Folio (poche)

Peut-être un passage obligé de la littérature... Quand j'ai lu ce roman intimo-historico-philosophique il y a déjà pas mal d'années, j'ai été subjuguée par la performance de l'auteur, par son érudition associée à sa façon extraordinaire d'être "rentrée dans la peau" d'un empereur romain. Le contenu est tellement dense que je n'ai pu lire ce livre qu'à petites gorgées. Pour celui qui arrive à entrer dans le récit, il y a peut-être un "avant" Les mémoires d'Hadrien et un "après" : on ne voit plus tout à fait le monde (de toutes façons le monde romain) de la même façon, après !
GL

 Le contenu : L'empereur Hadrien sent qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Avec une extrême lucidité, il fait le point sur sa vie, sur ce qui a compté pour lui, ses combats, surtout vis-à-vis de lui-même, ses amours et notamment celui pour le superbe Antinoüs, nous faisant intimement partager les méandres de ses réactions et sentiments d'homme conscient et libre.

 Extraits :

à propos de l'écriture de ce roman, Marguerite Yourcenar a écrit : Retrouvé dans un volume de la correspondance de Flaubert, fort lu et fort souligné par moi vers 1927, la phrase inoubliable : "Les dieux n'étant plus et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été." Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout.

 Je voulais que mon prestige fût personnel, collé à la peau, immédiatement mesurable en termes d'agilité mentale, de force, ou d'actes accomplis. Les titres, s'ils venaient, viendraient plus tard, d'autres titres, témoignages de victoires plus secrètes auxquelles je n'osais encore prétendre. J'avais pour le moment assez à faire de devenir, ou d'être, le plus possible Hadrien.


 
  La mort changeait peu de chose à cette intimité qui depuis des années se passait de présence ; l'impératrice restait ce qu'elle avait toujours été pour moi : un esprit, une pensée à laquelle s'était mariée la mienne.


 
De plus en plus, toutes les déités m'apparaissaient mystérieusement fondues en un Tout, émanations infiniment variées, manifestations égales d'une même force : leurs contradictions n'étaient qu'un mode de leur accord.

 

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Actes Sud

 Recueil de réflexions sur l'acte d'écriture, de création d'un roman, dans lesquelles je me retrouve beaucoup. A conseiller à ceux que la plume démange et à ceux qui souhaitent les comprendre.
GL

Extraits :

L'écrivain doit surveiller constamment ses rapports avec son art pour n'en pas devenir la dupe. Il faut que son art puise ses racines dans une vie intérieure profonde, largement alimentée, étrangère à tout souci de publicité et que n'altère pas la hâte d'exploiter ses trésors. Il attendra l'inspiration pendant le temps nécessaire. Il faut que son message tombe de haut.

 

C'est le sujet qui nous trouve. Une sorte de présence qui nous envahit. Pourquoi écrire si ce n'est pour nous délivrer de cette présence ? Une idée se dépose en nous, nous féconde, c'est comme une graine qui est tombée sur le sol qui lui convient et cela fait un livre.

pour en savoir plus sur Paul Gadenne, un site lui est dédié : http://www.gadenne.org/

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Grasset

Une mine de réflexions et d'analyses en profondeur sur la femme sauvage qui sommeille en nous et qui ne demande qu'à prendre plus de place. Après avoir lu ce livre, on se sent plus vivante, plus vibrante, plus pleine de vie, plus créatrice. Il me reste une question : les hommes n'abritent-ils pas ces mêmes forces ??
GL

L'auteur est psychanalyste jungienne et conteuse. Elle a aidé beaucoup de femmes à évoluer et à retrouver leur être profond en leur racontant des contes traditionnels, de différentes cultures, sur l'archétype de la femme sauvage. Dans ce livre, elle en raconte plusieurs et analyse leurs sens cachés.

 Extraits :

La plupart des cultures modernes font erreur sur l'archétype de la force Vie/Mort/Vie. Certaines ne comprennent pas que Dame Mort est aimante, que la vie va être renouvelée par ses soins.(...) Les forces de Vie/Mort/Vie font partie de notre nature. C'est une autorité que nous portons en nous et qui connait les pas de la danse de Vie et de Mort. Elle est composée de parties de nous-mêmes qui savent quand quelque chose peut, devrait ou doit venir au monde et quand cela doit mourir.

 Au fur et à mesure que la femme passe par les cycles de la vie, les couches qui constituent ses défenses, sa protection, sa densité s'amincissent de plus en plus, jusqu'à ce que son âme commence à briller au travers. En vieillissant, nous pouvons voir et sentir les mouvements de l'âme à l'intérieur du corps-psyché d'une manière assez extraordinaire.

 

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Dimanche 13 avril 2008

éditions du Seuil


Récit personnel en hommage à plusieurs chats avec lesquels Anny Duperey a vécu. Deux d'entre eux, chats "de hasard", se sont imposés dans sa vie, l'ont choisie et lui ont beaucoup donné. Elle vit avec ses chats une relation forte, une communication intuitive, des échanges d'amour. Ses enfants aussi.

Extraits :

Moi qui ressens un tel soulagement à voir mes enfants grandir, moi qui sais avoir tant de mal à être un parent potableet en tout cas jamais un ordonneur-surveilleur-punisseur, qui ai donné le change avec beaucoup d'efforts, tenu tant bien que mal mon rôle - pardon mes chers enfants, j'espère que vous ne serez pas trop mal élevés et que vous aurez su comme les chats vous éduquer en grande partie vous-mêmes - moi qui vois avec bonheur venir un temps de rapports plus égalitaires avec mes petits, finir bientôt leur dépendance et du même coup mon assujettissement à ce rôle d'éducateur, je ne suis pas prête à recommencer pour un animal ! (à propos de sa difficulté à s'imaginer devoir un jour dresser un chien)

 

Missoui était une grande amoureuse. Elle avait un abandon, une invention de la tendresse que je n'ai connus à aucun autre chat. Je me souviens qu'un jour, après une grande crise d'amour, elle reposait de tout son long à côté de moi, contre ma poitrine, sa tête à la hauteur de la mienne, et nous nous regardions, nez contre nez, sa patte avant posée sur mon cou. Sur le point de m'endormir, ses moustaches qui me chatouillaient la joue me gênèrent et je tournai la tête de l'autre côté. C'est alors que Missoui, sans bouger son corps et la tête toujours calmement posée à côté de moi sur l'oreiller, leva simplement la patte posée sur mon cou, attrapa mon menton, sans sortir les griffes bien sûr, et ramena doucement mon visage vers elle. Ce mouvement si doux et volontaire... Et ce regard... Je me rappelle l'avoir regardée intensément en retour, éberluée par ce geste si sensible et si proche des nôtres, en pensant : "Quel genre de chatte es-tu donc, toi ?"

Très beau témoignage, simple et humain, d'une femme qui aime les chats et qui aime la vie. A travers ce qu'elle a vécu avec ses chats, ce sont des morceaux de sa vie, de son chemin d'évolution, qu'elle nous fait partager avec beaucoup d'honneteté et de tendresse. C'est beau. Surtout quand on aime les chats !
GL
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Dimanche 13 avril 2008

Après "Le Prophète", très connu, "Le jardin du Prophète" fait vivre le Prophète parmi les hommes et ceux-ci lui posent toutes sortes de questions. Il répond bien volontiers et livre sa grande sagesse. GL

Extraits :

- Et la laideur, Maître, tu n'en parles jamais ?
- Mon ami, qui t'accusera d'être inhospitalier s'il passe devant ta maison sans frapper à la porte ? Et qui te déclarera sourd s'il te parle dans une langue étrangère que tu ne peux comprendre ?
Ce que tu appelles laideur, n'est-ce pas ce que tu ne t'es jamais efforcé d'approcher, une chose que tu n'as jamais désiré pénétrer jusqu'au cœur ? Si la laideur existe réellement, ce n'est qu'une écaille sur tes yeux et de la cire te bouchant les oreilles. Mon ami, n'appelle rien de laid, sinon la crainte d'une âme face à ses propres souvenirs.

Je voudrais vous voir, chacun d'entre vous, s'associer au projet de tout homme, car c'est ainsi seulement que vous pouvez espérer réaliser au mieux vos propres dessins.
Mes compagnons, mes bien aimés, soyez audacieux et non pusillanimes, soyez larges et non mesquins et, jusqu'à ma dernière heure et la vôtre, réalisez vraiment ce qu'il y a en vous de plus essentiel.

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Gallimard

Un très beau livre pour célébrer une femme que l'auteur a aimée, brutalement disparue. Pour célébrer aussi le trésor inestimable qu'elle lui laisse en partant : l'amour de la vie. L'écriture est superbe, comme dans tous les livres de Christian Bobin : de la dentelle. GL

L'histoire : Ghislaine est morte à 42 ans d'une rupture d'anévrisme. Elle est celle que l'auteur a aimée même s'ils n'ont jamais été amants. Très peu de place au manque dans ce récit, place à la célébration de celle qui incarnait la liberté et l'amour.

Extraits :

La folie chez toi tourne à la vie. Tu es la personne la plus saine que j'aie jamais vue. Tu as voulu ce que veulent toutes les femmes depuis le premier jour du monde, tu as voulu la liberté et l'amour, l'amour ouvert dans la liberté, la liberté exercée dans l'amour. C'est impossible ? Oui c'est impossible et pourtant tu l'as vécu et tu n'as jamais renoncé à le vivre. Cela n'empêchait pas les blessures, les impasses. Même les femmes libres ne sont jamais tout à fait libres. Elles vivent toujours entre deux guerres.

Tu es celle qui m'empêche de me suffire (...) C'est le trésor que tu me laisses : manque, faille, déchirure et joie. Un tel trésor est inépuisable. Il devrait me suffire pour aller de "maintenant" en "maintenant" jusqu'à l'heure de ma mort.

Je n'ai jamais vu de personne plus libre que toi, plus libre, plus intelligente et plus aimante : puisqu'il s'agit trois fois du même mot, puisque chacun de ces mots, séparé des deux autres, est vide de nerf, de sens et de tout.

 

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Mazarine

(apparemment épuisé)

L'un des plus beaux romans que j'ai lus ! Le récit est prenant et collé aux sentiments limpides et profonds des personnages. L'écriture est superbe, plongeant ses racines dans le terroir de Bourgogne au siècle dernier, tout en restant facile à lire.
GL

Environ 700 pages, premier tome d'une série de trois gros livres, intitulée "Les mains nues", avant "Le grain de chanvre", tome 2, et "Le livre de Juste", tome 3. Ce dernier doit être disponible, le tome 2 est peut-être épuisé.

L'histoire : Au XIXe siècle, en Bourgogne, deux potiers décident d'associer leurs fabriques. Par chance, les deux enfants, Marrain et Jeanne, tombent amoureux et l'association économique se consolide par un mariage. A l'occasion d'un de ses déplacements, le père de Jeanne retrouve un ancien amour qui le comble. Il renouvellera le plus possible ses voyages. Au bout de quelques mois, cette femme décède. Le père de Jeanne s'aigrit, en veut aux deux jeunes dont le bonheur est si évident. Il refuse toujours de donner un salaire à Marrain qui est venu travailler chez lui. Un enfant naît. La situation n'est plus tenable pour le jeune couple qui part s'installer chez un troisième potier. Marrain se tue à la tâche, il attrape une congestion pulmonaire. Tout s'écroule.

"Le grain de chanvre" raconte la vie de Jeanne, jusqu'à sa vieillesse et sa mort.

"Le livre de Juste" est écrit par Juste, l'un des gendres de Jeanne, il raconte sa vie et celle de ses aïeux, paysans soumis à l'autorité d'un propriétaire terrien. Magnifiques récits d'une épidémie de choléra, de l'insurrection de la Commune de Paris.

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Dimanche 13 avril 2008
éditions Pocket

A 70 ans, à l'heure des bilans, Elisabeth Kübler-Ross, femme exceptionnelle, raconte sa vie et ce qui l'a amenée à être la pionnière de l'accompagnement des mourants. Sa route a été marquée de choix très courageux face au conformisme et aux préjugés, face aux aléas de l'existence également. Elle est désormais convaincue que "la mort n'existe pas" (sous-titre du livre) et se fait le porte-parole de nombreuses personnes mourantes dont l'ultime préoccupation est de bien vivre le temps qu'il leur reste à vivre : dans l'honnêteté, l'amour, la paix.
GL

Extraits :

Ce travail sur la mort nous avait révélé que les véritables questions que se posent les mourants concernent avant tout la vie et non la mort. Ces malades recherchaient surtout l'honnêteté, la paix de l'âme et souhaitaient clore au mieux le dernier chapitre de leur histoire. Cela montrait bien que la façon dont on meurt dépend de la manière dont on a vécu.

Il n'est aucun problème qui ne soit en fait un cadeau.
(...) Dans la rivière des larmes, ne te plains jamais. Fais du temps ton ami.

Chacun est aimé au delà de toute compréhension.
Chacun est béni et guidé.
Il est très important de ne faire que ce que l'on aime faire.
Peut-être êtes-vous pauvre ou affamé ou encore vivez-vous dans un endroit minable, mais vous devez vivre pleinement votre vie. Et, à la fin de vos jours, vous considérerez votre vie comme une bénédiction parce que vous aurez accompli ce pour quoi vous étiez venu sur terre.
La plus difficile des leçons est d'apprendre à aimer de manière inconditionnelle.
(...) Mon vœu le plus cher est que vous essayiez de donner davantage d'amour au plus grand nombre de gens.
La seule chose qui soit éternelle est l'amour.

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Opéra

Je laisse la parole à l'un des lecteurs :

L'itinéraire de frère Huvelin (et des autres aussi) m'a beaucoup touché. Il y a dans cette histoire une grâce tranquille (avec et sans majuscule) qui se déroule et enveloppe le lecteur. Je me suis senti placé, très progressivement et à mon insu, dans ma lecture même, dans cette attitude d'accueil qui se développe chez frère Huvelin et qui est le cœur de sa conversion.
Sans emphase ni effet de style, cette chronique réconcilie amour divin et amour humain.

L'histoire : Frère Huvelin va mourir, une lourde colère l'envahit : celle de ne pas avoir trouvé Dieu malgré sa longue pratique d'obéissance et de piété. La fièvre l'entraîne vers le passé, vers la chaleur d'un amour premier qu'il croyait enfoui à jamais. Vingt ans de vie monastique remontent, ombres et lumières enfin démélées. Commence alors pour lui un incroyable printemps. Chacun à leur façon, ses frères l'accompagnent.

Extraits :

Pourquoi certaines choses que l'on considérait comme futiles dans les moments graves prenaient-elles autant d'importance quand la vie redevenait "normale" ? Il pensait à la tonsure bien sûr mais aussi à l'habit de moine et à de nombreuses pratiques qui ordonnaient leur vie de tous les jours. Il lui semblait que son inactivité forcée exerçait un rôle de tamis vis-à-vis de son existence, que presque tout ce qu'il avait vécu disparaissait en nuage de poussière à travers les trous... Peu d'éléments avaient assez de consistance pour rester dans le tamis. Etait-ce là son trésor ? Une amertume envers Dieu qu'il n'avait pas dépassée, un amour rompu, une amitié fidèle, une tendresse vis-à-vis de plusieurs de ses frères, une rancune furieuse envers un mort ?? Que restait-il d'autre au fond ?

Il réalisait que son ardeur à vivre ses vœux, son désir de perfection, ses mortifications n'étaient que la face acceptable de cette terrible colère. La force qui l'avait maintenu en vie toutes ses années, qui lui avait insufflé sa vigueur et son tempérament passionné, avait été nourrie par ce feu qui criait sa souffrance d'amour. Maintenant, Huvelin, apaisé, regardait en face la douleur de son amour blessé, sa peine muée en colère. Il se sentait traversé par une énergie extrêmement puissante, une force vitale qui pouvait, selon les circonstances, se concrétiser de multiples façons : colère, amour, force physique, joie... Tout était là, dans cette puissance fabuleuse.

plus sur le livre

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Robert Laffont

Nous avons appris en 2008 à l'occasion de la sortie du film retraçant cette épopée, qu'il ne s'agissait pas d'un témoignage autobiographique comme l'avait toujours prétendu son auteur. Dommage d'avoir attaché un tel mensonge à ce très émouvant récit. Le récit se déroule pendant la dernière guerre, où les animaux étaient plus humains que beaucoup d'humains pour une petite fille perdue. Récit bouleversant. L'épopée incroyable est édifiante sur les capacités de survie d'un petit enfant rendu à l'état sauvage, sur la beauté de relations avec des familles de loups, sur la cruauté humaine aussi. GL

Le contenu : Une petite fille juive est recueillie par une famille de la ville où elle vivait, en Belgique, quand ses parents sont emmenés par la Gestapo. Elle ignore presque tout de la guerre et des camps, on lui dit seulement que ses parents sont partis "à l'est". La famille a reçu de l'argent, mis de côté par les parents pour s'occuper de la petite au cas où il leur arriverait malheur. Il n'y a aucun amour chez cette famille d'adoption, seulement du mépris et du calcul. Le seul appui de la petite, le grand-père, lui est retiré quand on lui interdit les visites (les contrôles de l'armée sont devenus plus sévères). Elle décide alors de partir retrouver ses parents et part seule, à pied, vers l'est, aidée d'une petite boussole.
Commence alors un périple de plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Europe en guerre. Elle côtoie partout la misère et la terreur et évite le plus possible les contacts avec les humains. Elle vit de chapardages. Elle partage à deux reprises la vie de familles de loups.
Elle finira par rentrer en Belgique, pensant y retrouver peut-être ses parents. A son retour, vers 12 ans, elle est recueillie par deux soeurs qui refuseront toujours d'entendre son témoignage.

Extraits :

Les hommes ont peur des loups, moi j'aime les loups et j'ai peur des hommes.

Alors, il m'aime comme je suis. Sauvage, affamée, inguérissable, asociale. Il me regarde vivre avec tendresse et patience. C'est à lui seul que j'ai pu parler, petit à petit, par bribes, pour qu'il sache tout de moi, de ma difficulté à aimer les humains et à survivre parmi eux. (ndlr : à propos de l'homme qui partage la vie de l'auteur aujourd'hui)

 

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