éditions Robert Laffont
Un récit extraordinaire, celui de la relation d'amour entre un dauphin, ou plutôt une dauphine, et un jeune homme bédouin. Une histoire
vraie racontée par une journaliste qui est allée enquêter sur place. La journaliste non plus n'est pas ordinaire : en fauteuil roulant depuis un accident de jeunesse, imprégnée de trois
cultures : israélienne, arabe et française.
Ce récit illustre magnifiquement le livre de Patrice Van Ersel, "Le cinquième rêve", qui parle des dauphins, de l'homme et de leur évolution.
GL
L'histoire :
En 1994, Abid'allah,
jeune pêcheur de 20 ans, rencontre une dauphine qui vient nager près de sa barque. Commence une merveilleuse amitié quasi amoureuse. Abid'allah est issu d'une tribu de Bédouins récemment
sédentarisée, vivant au bord de la mer Rouge en Egypte. Il est sourd et muet depuis l'âge de 5 ans, suite à un grave accident. Curieusement, dans cette tribu, un enfant sur sept nait sourd
(mariages consanguins). Aussi tous connaissent-ils le langage des signes. Abid'allah qui n'était pas sourd à la naissance, l'est devenu lui aussi. C'est un jeune homme au caractère difficile et
renfermé. Sa relation avec Oline, la dauphine, le transforme petit à petit. Ils communiquent par le corps, de tout leur être. Un miracle se produit : il retrouve progressivement l'ouïe et la
parole !
Tout le village profite de cette relation exceptionnelle, l'accueil des touristes et des personnes intéressées s'organise. La tribu parvient à s'adapter à ces changements sans renier son identité
(ce qui est peut-être un deuxième miracle !)
Extraits :
Dire qu'Abid'allah est un plongeur et un pêcheur exceptionnel, c'est vrai, mais c'est beaucoup plus que ça. La mer a été longtemps son seul refuge, à la fois son école et sa maison. Quand Oline est arrivée, elle lui a peut-être appris des trucs de chasseurs impitoyables ? Car les dauphins possèdent d'infaillibles techniques de pêche, ils font partie des grands prédateurs de la mer. Même si Abid'allah n'a pas leurs instruments, ni le sonar, ni l'ouïe, il ressent la mer et surtout les animaux marins, les poissons, les calmars et les cétacés. Il est à lui seul un pont entre les animaux et les autres hommes.
Le simple salut de Jimmy (le fils d'Oline) m'a comblée d'un bonheur étrange, une sorte de plénitude qui m'envahit d'énergie positive. C'est donc ça le premier don des dauphins aux humains. C'est beaucoup plus que de la bonne humeur, c'est du bonheur en doses.
Au matin, à peine réveillée, Mayol me souffle de son livre : "Au fond de soi, il y a le calme. Au fond du calme, il y a l'amour. Ce sont les dauphins qui me l'ont appris. C'est grâce à eux que j'ai battu tous mes records."