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  • : je me présente sur mon site internet : www.meslivres.net
Lundi 14 avril 2008

éditions Robert Laffont

Un récit extraordinaire, celui de la relation d'amour entre un dauphin, ou plutôt une dauphine, et un jeune homme bédouin. Une histoire vraie racontée par une journaliste qui est allée enquêter sur place. La journaliste non plus n'est pas ordinaire : en fauteuil roulant depuis un accident de jeunesse, imprégnée de trois cultures : israélienne, arabe et française.
Ce récit illustre magnifiquement le livre de Patrice Van Ersel, "Le cinquième rêve", qui parle des dauphins, de l'homme et de leur évolution.
GL

L'histoire :
En 1994, Abid'allah, jeune pêcheur de 20 ans, rencontre une dauphine qui vient nager près de sa barque. Commence une merveilleuse amitié quasi amoureuse. Abid'allah est issu d'une tribu de Bédouins récemment sédentarisée, vivant au bord de la mer Rouge en Egypte. Il est sourd et muet depuis l'âge de 5 ans, suite à un grave accident. Curieusement, dans cette tribu, un enfant sur sept nait sourd (mariages consanguins). Aussi tous connaissent-ils le langage des signes. Abid'allah qui n'était pas sourd à la naissance, l'est devenu lui aussi. C'est un jeune homme au caractère difficile et renfermé. Sa relation avec Oline, la dauphine, le transforme petit à petit. Ils communiquent par le corps, de tout leur être. Un miracle se produit : il retrouve progressivement l'ouïe et la parole !
Tout le village profite de cette relation exceptionnelle, l'accueil des touristes et des personnes intéressées s'organise. La tribu parvient à s'adapter à ces changements sans renier son identité (ce qui est peut-être un deuxième miracle !)

Extraits :

Dire qu'Abid'allah est un plongeur et un pêcheur exceptionnel, c'est vrai, mais c'est beaucoup plus que ça. La mer a été longtemps son seul refuge, à la fois son école et sa maison. Quand Oline est arrivée, elle lui a peut-être appris des trucs de chasseurs impitoyables ? Car les dauphins possèdent d'infaillibles techniques de pêche, ils font partie des grands prédateurs de la mer. Même si Abid'allah n'a pas leurs instruments, ni le sonar, ni l'ouïe, il ressent la mer et surtout les animaux marins, les poissons, les calmars et les cétacés. Il est à lui seul un pont entre les animaux et les autres hommes.

Le simple salut de Jimmy (le fils d'Oline) m'a comblée d'un bonheur étrange, une sorte de plénitude qui m'envahit d'énergie positive. C'est donc ça le premier don des dauphins aux humains. C'est beaucoup plus que de la bonne humeur, c'est du bonheur en doses.

Au matin, à peine réveillée, Mayol me souffle de son livre : "Au fond de soi, il y a le calme. Au fond du calme, il y a l'amour. Ce sont les dauphins qui me l'ont appris. C'est grâce à eux que j'ai battu tous mes records."

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Lundi 14 avril 2008

éditions Livre de Poche

Un merveilleux livre de sagesse. "Lumière d'homme" a été comparé à "Siddharta", ce qui m'a donné envie de découvrir ce classique que je ne connaissais pas. La comparaison est tout à mon honneur. "Siddharta" est riche d'enseignements et de sagesse pour celui qui s'ouvre aux trésors de la vie.  GL

Le contenu : L'histoire se passe en Inde, à l'époque de Bouddha. Siddharta, jeune homme au début de l'histoire, (dont le nom est celui de Bouddha avant son éveil) quitte son père pour suivre des ascètes mendiants. Il cherche la sagesse. Il devient un parfait ascète mais il n'est pas accompli. Il part ensuite de son côté, rencontre Bouddha dont la doctrine ne parvient pas à la séduire. Il vit ensuite auprès d'une femme splendide avec laquelle il partage des plaisirs sublimes, il devient marchand, riche, puis termine sa vie comme passeur au bord du fleuve avec un compagnon. Sa quête de sagesse est toujours présente et de plus en plus comblée. A la fin de sa vie, il a compris bien des choses.

Extraits :

Le vrai chercheur, celui qui a vraiment le désir de trouver, ne devrait embrasser aucune doctrine. Par contre, celui qui avait trouvé pouvait les admettre toutes comme il pouvait admettre toutes les voies, toutes les fins. Plus rien ne le séparait de ces milliers d'autres doctrines issues de l'Eternel et toutes imprégnées du Divin.

Il s'apercevait bien que cet amour, cet amour aveugle pour son fils, était une passion, un sentiment très humain, que c'était le Sansara, la source trouble aux eaux sombres. Pourtant, il sentait en même temps qu'elle avait aussi sa valeur, qu'elle était nécessaire, qu'elle était une émanation de son être même. C'était donc là un plaisir pour lequel il devait encore souffrir, une douleur à laquelle il devait goûter, une folie qu'il fallait avoir faite.

Le monde n'est pas une chose imparfaite ou en voie de perfection, c'est une chose parfaite et à n'importe quel moment. Chaque péché porte déjà en soi sa grâce, tous les petits enfants ont déjà le vieillard en eux, tous les nouveaux-nés la mort, tous les mortels la vie éternelle. Aucun être humain n'a le don de voir à quel point son prochain est parvenu sur la voie qu'il suit : Bouddha attend dans le brigand aussi bien que dans le joueur de dés et dans Brahma attend le brigand.

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Lundi 14 avril 2008

éditions Opéra

Un livre qui montre à quel point le rêve est un excellent outil de thérapie personnelle !
R. G. Vallet

Compilation de dix années de rêves ! Ils sont classés par thèmes et analysés au fur et à mesure qu'elle les reçoit, par l'intéressée. De la même façon qu'en thérapie, les épisodes douloureux de la vie de Rahma Ganancia sont revisités puis transformés grâce à l'attitude d'accueil et d'ouverture de celle qui les reçoit. Celle-ci se trouve progressivement guidée vers le meilleur d'elle-même. Sa personnalité se transforme et s'épanouit.

 Extraits :

Rêve du 24/02/75 : mon mari me trompait. ma rivale, une petite femme au teint livide et aux cheveux frisottés, recevait une lettre de lui et l'exhibait fièrement sous mon nez.
Ce portrait correspondait à celui de ma belle-mère. Ce rêve m'amenait à concevoir qu'avec son fils, elle se comportait en épouse, pas en mère...

Rêve du 11/06/85 : je me trouvais devant divers bassins dont l'un représentait "bonheur", l'autre "malheur", un troisième "mépris" et j'étais priée de plonger dans l'un d'eux. Incrédule, je demandais : "On peut choisir ?" "Mais oui" me répondait-on.
Je pouvais choisir ? Que prétendait-on là ? Est-on celui qui dicte et celui qui reçoit les ordres ? Avais-je moi-même et non le diable, programmé le rejet, les abus, les échecs ? J'admettais que le destin découlait de notre avidité, de nos erreurs, mais comment concevoir que le bourreau n'existait que dans ma tête...

(extrait d'une lettre à sa fille en fin d'ouvrage :) Je persiste à accuser les autres de nous avoir gâchées en nous gâchant nos premières relations mais j'ai cessé de les maudire car mon combat pour te reconquérir fut celui-là même que j'ai mené pour me reconquérir. En allant à ta découverte, je me suis découverte.

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Lundi 14 avril 2008

éditions Luc Pire (Bruxelles)

 Un bouquin écrit avec les tripes mais aussi avec beaucoup de talent. Les deux sont loin d’être incompatibles. En tous cas, nous sommes à des années-lumière de ces "célébrités" parisiennes (paupières lourdes, bouche en cul de poule et porte-cigarette) dont on imprimerait volontiers la liste de blanchisserie, tant ils "rapportent" !
Donatien Moisdon

Tiré d’un vrai journal intime ou conçu comme un faux journal intime, La Ligne blanche est, quand on l’aborde, un feu d’artifice de jeux de mots et de calembours. Heureusement, cela vient naturellement : il n’y a pas de cabotinage, là-dedans.
Les titres des chapitres sont aussi fascinants qu’accrocheurs : Rigoletto, nom dont il a baptisé les fesses de sa femme, La Guerre des Clans ou encore Diane de Bruges. C’est l’histoire d’Alex et de Chiara qui sont mariés, s’aiment et ne s’aiment pas, se quittent et se retrouvent (périodiquement).

L’humour, toujours présent, passe facilement du grinçant au poétique. Alex Million aime jouer avec le lecteur et le désorienter de temps en temps en mêlant les faits et la fiction. Ses fantasmes, parfois violents, ne sont pas sans rappeler ceux de Louis-Ferdinand Céline dans ses dernières œuvres :

Sur le trottoir d’en face, dans un landau tremblant, j’entends les cris déchirés d’un bébé, ça n’en finit plus, c’est le nourrisson de la voisine. Une nouvelle venue dans le hameau, une petite femme à moustaches, plutôt gentille. Elle a l’air épuisée, elle est à bout de nerfs, elle prend son bébé hurleur par les pieds et lui fracasse la tête contre le mur du presbytère.

On pense à Prévert aussi. Alex rencontre un facteur : c’est le facteur Rhésus ! Se moque-t-il gentiment de nous en mentionnant la guillotine au Moyen-Âge ou a-t-il commis un anachronisme involontaire ? On ne le saura jamais ! Tout est permis dans ce monde entre le rêve et la réalité.
Le sérieux, quand il s’exprime, nous atteint avec d’autant plus de force :

En y repensant, (il parle du Radeau de la Méduse de Géricault) je me dis qu’aujourd’hui ce radeau symboliserait à merveille cette dérive actuelle sur ma vie. Cette période où je m’approche de mon monde inconscient avec l’impression que ma personnalité s’effondre pour ne laisser que les fondations de ce radeau. Comme si j’avais vécu sous l’emprise d’une tempête d’interrogation, un naufrage pour mieux renaître et pour me reconstruire une personnalité plus vraie.

Que l’humour soit présent ou non, le sérieux s’impose de plus en plus au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le roman. On savoure cet humour, on en jouit mais notre regard le transperce comme ces vitres-miroirs qui reflètent notre visage mais nous permettent aussi de contempler ce qui se passe dans l’autre pièce : la misère de la vie quotidienne, un peu à la façon dont Henri Barbusse se faisait voyeur dans L’Enfer. La fin est déchirante. Elle m’a fait penser à celle de La rose rouge du Caire de Woody Allen.

 

Distribué en France par  la Librairie Wallonie-Bruxelles, W+B Diffusion, 46, Rue Quincampoix, 75004 Paris

Tél : 00 33 1 42 71 58 03 ; Fax : 00 33 1 42 71 58 09

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Lundi 14 avril 2008

1935 aux Etats-Unis : How to make Friends and influence People de Dale Carnegie. 1938 en France, la traduction : Comment se faire des Amis pour réussir dans la Vie.
Donatien Moisdon

Choisir le titre d’un ouvrage est une lourde responsabilité. Le titre de celui-ci l’a bien servi car 66 ans après sa parution il se vend toujours comme les proverbiaux petits pains. Aurait-il eu le même succès s’il s’était appelé Manuel de Psychologie pratique ? Mais ce même titre a milité contre Dale Carnegie. Le revers de la médaille prit deux aspects :

- Le premier fut un foisonnement d’ouvrages de psychologie pratique essayant de récupérer un peu (ou beaucoup) du succès de Dale Carnegie. Certains, tels que The Technique of handling People de Donald et Eleonor Laird, sont au même niveau mais n’auraient pas existé sans lui. D’autres ne furent que de pâles imitations, des plagiats à peine déguisés de journaliste pressés de se faire du pognon. Il n’est pas un seul chapitre de Comment se faire des amis…qui n’ait engendré un ouvrage entier de la part d’un quelconque "psychologue", et ce jusqu’à (et y compris) Les hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Vénus, qui a eu beaucoup de succès mais qui reprend en 383 pages les 28 dernières pages de Comment se faire des Amis… , le délaye, se répète, se gonfle d’exemples ennuyeux mais a tout de même réussi à faire de John Gray un multimillionnaire.

- Le deuxième revers a consisté en attaques sur ce qu’on a voulu voir comme une présentation simpliste de la psychologie ; attaques particulièrement virulentes en ce qui concerne le sous-titre …pour réussir dans la vie, et exacerbées en France, depuis plus de cinquante ans, par un subtil et permanent sabotage à la radio, la télévision et dans la presse de tout ce qui est américain.

Certes, bien des représentants de commerce, syndicalistes et entrepreneurs ont su tirer profit de Comment se faire des amis… mais n’oublions pas ces deux citations de Dale Carnegie :

Les méthodes expliquées dans ce livre ne réussissent que si elles sont sincères et si elles viennent du cœur. Ce que je vous explique, ce ne sont pas des tours de passe-passe, des ‘trucs’ pour réussir. Non. C’est une nouvelle manière de vivre, une nouvelle philosophie.

De toutes les personnes que j’ai connues, mon père est celle qui a le mieux réussi dans la vie : il n’avait pas un seul dollar en banque mais il était heureux et savait rendre les autres heureux autour de lui. C’est cela, le succès."

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Anne Carrière

 

 

Un univers parfois à la Claude Sautet infiltré par une sensualité à la Anaïs Nin.
Alexandre Millon

Un roman, très bien écrit, qui célèbre l'amour physique et l'érotisme. Sensuel, profond, intime. C'est aussi un livre courageux et sans doute encore précurseur à notre époque où tant de mentalités restent fermées à cette façon libre et naturelle de considérer l'amour physique. L'auteur en décrit la puissance, la beauté et même la transcendance.
GL

L'histoire :
A la mort de Mathilda, son mari ouvre le journal qu'elle a tenu ces derniers temps. Nous y découvrons avec lui son histoire et sa quête d'elle-même à travers celle de la jouissance. A 10 ans, Mathilda découvre la sexualité et le plaisir avec sa meilleure amie. Les sensations sont très fortes. Elle retrouvera cette même intensité beaucoup plus tard, dans les bras de Viviane. Et puis, encore plus tard, sans s'être vraiment remise de la rupture avec Viviane, dans les bras d'Octavius, son amant. La fin est brutale.

(2e note de lecture) L’auteur donne la voix à un personnage féminin : Mathilda.
Nous suivons le parcours érotique d’une femme en quête de lumière. Dans cette épopée du désir Mathilda va jusqu’au bout d’une obsession pour un amour d’enfance Natalie et puis à 25 ans pour Vivianne.
Et de l’amour Mathilda n’exclura ni l’émotion, ni le lyrisme, ni le cynisme jusqu’aux révélations les plus dures sur le moi, ses divisions, ses ramifications. Partant de ce qu’il y a de plus matériel, de plus mortel et de plus humain dans la chair.

Extraits :

Alors, qui aimais-je vraiment ? Le sait-on jamais sans l'ombre d'un doute ? La seule réponse qui puisse me satisfaire, c'est qu'il y a plusieurs paysages de l'amour. L'un n'est pas nécessairement plus beau, plus noble, plus désirable ou plus émouvant que l'autre.

Je remontais à un niveau d'existence supérieure quand il me touchait. Le sensations gardaient toute leur fraîcheur, ma peau réagissant à chaque occasion comme si elle avait été caressée pour la toute première fois. Il semblait que j'avais le même effet sur lui.

Faire l'amour c'est pour moi une fenêtre sur la vie, un soleil, une lumière qui inonde le cadre dans lequel je fonctionne. Autrement, je vois le monde au travers d'un écran de grisaille que l'on pourrait comparer à ces fins grillages anti-insectes que l'on trouve souvent aux ouvertures des maisons américaines. Faire l'amour enlève cet écran, et la vie apparaît de nouveau sous ses véritables couleurs. La nature est plus belle et sent meilleur ; la cuisine, les vins retrouvent toute leur saveur ; les chants des oiseaux, les rires d'enfants, les aboiements des chiens, l'heure qui sonne au clocher, tout retrouve une fraîcheur de paradis terrestre ; tout vaut la peine d'être vécu, qu'il s'agisse de travail, de vacances, de voyages ou même des petits ennuis de l'existence...

 C’est ma grand-mère, en fait, qui s’est vraiment occupée de ma petite enfance. Les deux femmes appartenaient à un monde qui n’est plus le nôtre : un mélange de semi-illetrisme et d’inébranlables croyances religieuses… ma grand-mère, on lui devait la compréhension, l’affection et la tolérance…ma mère : la raideur, l’étroitesse d’esprit et un besoin constant de critiquer.

Je me demande souvent si beaucoup de femmes ne souffrent pas d’une sorte maladie d’Alzheimer de la mémoire sexuelle .

 …après que Natalie avait joui car les deux odeurs étaient différentes. Celle du début était assez forte et poivrée : un mélange de fougère fraîchement écrasée, de mousse et d’aiguilles de pin chaudes ; mais celle de la fin était faite d’algues humides et de grandes plages désertes.

 

plus sur ce livre (page perso de l'auteur avec des réactions de lecteurs)

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Buchet-Chastel

 ..Joëlle Richard Gallinelli a voulu reconstituer l’atmosphère qui régnait à la fin du XVIè et au début du XVIIé siècle. Ce livre est dans la même verve que ceux de Jeanne BOURIN, la romancière historienne qui situe ses ouvrages dans le haut moyen âge…
LE PROGRES DE CORNOUAILLE novembre 2000

jgallinelli@yahoo.fr


C'est sur la trame historique d'une Bretagne du début du XVIle siècle tissée d'une documentation riche et précise que se déroule l'histoire d'Adhénora, ardente figure féminine à la conquête de sa liberté. Née de parents manants, victimes des fléaux qu'engendrent la pauvreté et une époque troublée, Adhénora n'aura de cesse de s'affranchir de sa condition misérable. Pour cela, elle va devoir affronter un monde patriarcal, engoncé dans des superstitions religieuses. D'autres portraits de femmes émergent, témoins de ses adversités et de ses triomphes… Des hommes accompagnent Adhénora dans sa quête d'elle-même et les nombreuses épreuves qu'elle va traverser …. Le destin d'Adhénora va alors s'accomplir…

Extraits :

Dès qu’ils furent à portée des éventaires, ils se retrouvèrent dans le milieu affairiste et agité des vendeurs, acheteurs qui, tout en se saluant avec courtoisie, se jaugeaient, s’évaluaient, s’observant, comme si de rien n’était,en palpant les marchandises exposées. Certains, plus cordiaux, se hélaient en se reconnaissant, au moyen de signes étranges, tandis que d’autres, frappés de stupeur par la rapidité des échanges inattendus, pestaient après ces tractations plus ou moins illégales qui les mettaient dans les difficultés. Quelques invectives ou jurons se perdirent au milieu des embrassades, serrements de mains, étreintes, assortis de jurements et de promesses oubliées l’heure suivante.

Apeurée, Adhénora réussit enfin à se frayer un chemin, ramenant tant bien que mal son châle déchiré sur ses épaules. Elle avait perdu Lucresse et ne savait comment s’y retrouver dans ce dédale de venelles sentant la vieille crasse et l’humidité. Quelques mendiants chercheurs de pain la dévisagèrent de leurs yeux éraillés et hagards, tendant vers elle leurs mains sales. Ne sachant si c’était pour mendier ou porter atteinte à sa vie, elle faillit hurler de peur et détala terrorisée, cherchant le passage qui lui ferait abandonner ce quartier misérable où s’entassaient, dans un enchevêtrement de masures éventrées et de hardes suspendues, voleurs et pauvres hères.

Surpris de devoir rendre des comptes à la jeune fille, les paysans de ce village lui réservèrent un accueil plutôt distant. Pire, feignant de l’ignorer, ils s’adressèrent à Pierre qui verdissait de gêne de minute en minute.
Sous l’affront, Adhénora, blême de rage arracha le fouet des mains de Pierre, se campa devant lui, et se payant d’audace fit tomber une à une les pièces de toile qu’elle déroula sans ménagement. "Faut-il vous en dérouler… quelques aunes de plus, bonhommes, pour que vous compreniez que c’est à moi que la charge est donnée d’en faire le commerce ?"

Quelquefois, Adhénora s’aventurait avec Pierre, sur des chemins caillouteux surplombant les récifs creusés de failles. Elle allait jusqu’au point culminant, dénouait ses cheveux, et restait immobile, face au vent, défiant l’océan qui lui avait ravi son père. Elle restait ainsi une éternité, qui plongeait chaque fois le pauvre garçon dans une peur bleue. Elle ressemblait à ces femmes de marins qu’on rencontre sur les collines, guettant les voiles d’un navire porté disparu et qu’un effroyable désespoir semble avoir sculptées dans le granit.

 

Pour en savoir plus, rejoignez Adhénora :   http://jgallinelli.free.fr

 

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Dimanche 13 avril 2008

Un nouveau son de cloche pour Stephen King : l’amour passion et l’amour paternel. Pour la première fois dans son œuvre (je ne l’ai pas lue en son entier) on s’émeut à la vue, au toucher, à l’odeur, au son de voix d’une très belle jeune femme de vingt-et-un ans et de sa fille qui, elle, n’a que trois ans.
La première femme de Mike, le narrateur, n’a pas cette présence. Mike dit qu’il l’aimait. Il pleure sa mort ; elle le hante, au propre comme au figuré mais, en tant que lecteur, elle demeure assez abstraite, on ne la "sent" pas.

Les fantômes ont le don de m’irriter car, véritables Deus ex Machina, on peut leur faire faire n’importe quoi. C’est pour cela que le plus parfait des romans de King demeure, dans mon esprit, Misery. Pas de surnaturel : le monstre est bien humain. Malgré tout, si Misery est le plus parfait de ses romans, Sac d’Os demeure le plus attachant. Le talent de King nous emporte, tout comme on peut se laisser emporter par le talent de Michel Tournier même si on n’est pas soi-même homosexuel.

La petite société dans laquelle évoluent les personnages est aussi dure, égoïste, butée et cruelle que celle des villages normands de Flaubert ou de Maupassant.
Le personnage principal, Mike Noonan, se décrit lui-même comme un romancier populaire qui doute de son talent et pense qu’il écrit à la fois pour assouvir les besoins de son imagination débordante et pour gagner beaucoup d’argent. Pas question de littérature là-dedans. Dans ces réflexions, on sent une certaine souffrance de la part de Stephen King mais il me semble qu’en ouvrant les écluses de l’amour et de la passion, il s’approche, justement, de la dimension littéraire.
Donatien Moisdon

Une petite réflexion à l’intention de mes amis francophones : Stephen se prononce exactement comme Steven, le " ph " devenant un " v ".

Extraits :

Nous retournâmes vers ma voiture. Mattie me regarda en face. Je crus, rien qu’un instant, qu’elle allait me serrer contre elle, une forme de remerciement qui, dans l’état d’esprit où nous étions, si intense que c’en était presque mélodramatique, aurait pu nous entraîner beaucoup plus loin. En vérité la situation était effectivement mélodramatique, un conte de fée où se battaient le Bien et le Mal avec, en sourdine, énormément de désir sexuel réprimé.

J’avançai mon pénis tendu et me glissai en elle comme un doigt dans un gant de soie. Elle me regarda, les yeux écarquillés, et prit ma tête entre ses mains : "Tout ce qui n’est pas nous est mort !" dit-elle.

Je me retournai, posai le sac en papier graisseux de chez McDonald et soulevai la gosse. C’était comme la chose la plus naturelle, la plus merveilleuse du monde. On sous-estime le poids d’une enfant pleine de santé ainsi que l’intensité de la vie qui la parcourt comme de l’électricité dans un fil.

 

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Dimanche 13 avril 2008

éditions JC Lattès (existe aussi en poche)

 Un merveilleux livre qui raconte ce que l'auteur a vécu dans son initiation au Tantra par un grand maître, une yogini ermite, en Inde. Il y a un souffle fabuleux dans ce récit : puissance, liberté, grandeur et simplicité d'une spiritualité qui accepte tout et nous ouvre à nous-mêmes.
GL

Extraits :

On ne médite pas pour expérimenter des états de conscience modifiés ou quoi que ce soit d'autre. On médite uniquement pour percevoir par soi-même que tout est en nous, chaque atome de l'univers, et que nous possédons déjà tout ce que nous voudrions trouver hors de soi. Méditer c'est être à cent pour cent dans la réalité et si l'on est dans la réalité, de quoi sortirait-on pour entrer dans le monde extérieur ? Méditer dans la solitude ou marcher dans le brouhaha d'une ville polluée, c'est fondamentalement la même chose. Ce n'est que lorsque nous avons réalisé cela que nous commençons à méditer vraiment.

 

L'une des grandeurs du tantrisme est de ne rien rejeter de ce qui fait l'être humain. Il n'y a pas de règle, pas de méthode, pas de voie, pas d'effort, pas d'accomplissement, pas de fruit. Tout se passe comme si on laissait son propre ciel se dépouiller de la brume et des nuages. Le soleil, la lune et les étoiles sont toujours là.

 

- Peux-tu me dire comment pratiquer le yoga ?
- Le grand Yoga, c'est de boire, de manger, de toucher, de voir, de marcher, d'uriner, de déféquer, d'entendre, de rester silencieux, de parler, de rêver, d'aimer, de s'asseoir, de traverser la rue, de monter dans un bus, de parcourir villes et paysages, regards et sons, beauté et laideur sans jamais être séparé du divin qui est en soi. Aucun yoga n'est supérieur à celui qui ne craint pas de s'immerger dans la réalité. En dehors d'elle, il n'y a nulle trace d'absolu.

 

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Dimanche 13 avril 2008

éditions Robert Laffont

 Un livre à lire et relire ! Pour preuve, j'ai lu l'exemplaire qu'une amie m'avait prêté puis j'ai acheté mon propre exemplaire. Un quête sincère, sérieuse, documentée et éprouvée sur le sens de ce que nous vivons, sur le sens de nos souffrances en particulier. Un beau voyage à la source de ce que nous sommes.
GL

 

Le contenu : Guy Corneau commence par raconter ce qui lui est arrivé il y a une dizaine d'années : une maladie grave qui l'a mené aux portes de la mort mais aussi à un moment d'extase. Cherchant à comprendre ce qu'il avait vécu, il a interrogé de nombreux médecins, psychologues et personnes ordinaires ayant traversé de graves souffrances. Il nous livre leurs témoignages et nous percevons l'intelligence de la vie, de notre corps, de la maladie elle-même. Autant de pistes pour nous aider à évoluer en nous comprenant mieux, en nous aimant davantage.

 

Extraits :

Le docteur Ziegler considérait que les psychanalystes se montrent en général tout à fait naïfs dans leur effort pour sauver les êtres. Il pensait que personne n'a besoin d'être sauvé et que cette attitude relève plus de la croisade judéo-chrétienne que du soutien thérapeutique (...) Selon lui, l'attitude qui consiste à vouloir épargner aux êtres la perspective de leur décrépitude ainsi que la souffrance rattachée à leurs symptômes ne respecte pas la vie.

La nature produit beaucoup de déchets et le processus vivant comporte une morbidité irréparrable. (...) Nos infirmités, tant physiques que psychologiques, sont "naturelles". Il s'agit de les accueillir, de les comprendre et de suivre le chemin qu'elles nous proposent pour arriver à soi.

 

L'absence de vie intérieure se mesure en termes d'attentes et d'exigences irréalistes vis-à-vis des autres.

 

Etre avec soi, simplement être avec soi, sans jugement, sans attente et sans désir. Etre avec soi en acceptant que l'état dans lequel nous nous trouvons est exactement l'état dans lequel nous devons être, c'est-à-dire celui qui est le plus à même de nous renseigner sur l'origine de nos déséquilibres.

 

 

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