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  • : je me présente sur mon site internet : www.meslivres.net
Jeudi 17 avril 2008

ed Hodder and Stoughton

"La face sombre des chercheurs de lumière" : un livre excellent, de psychologie à connotation spirituelle, d'une grande profondeur. L'auteur nous aide à découvrir nos ombres, à comprendre comment elles ont été rejetées de notre personnalité apparente et à quel point elles attendent notre attention, notre respect et même notre amour. C'est un magnifique travail d'intégration qui nous est proposé dans ce livre.
GL

A l'époque où ce livre n'était pas encore traduit en français, j'en avais fait un résumé en français. Ce résumé est mis à votre disposition sur mon site internet www.meslivres.net, il fait une vingtaine de pages. J'ai conservé les exercices proposés dans l'ouvrage.

Extraits :

- Préférez-vous être entiers ou être bons ? (Jung)

Nos ombres contiennent l'essence de qui nous sommes. Elles recèlent nos dons les plus précieux. En regardant ces aspects de nous-mêms, nous devenons libres d'expérimenter notre glorieuse totalité : le bon et le mauvais, le sombre te le lumineux. Quand vous embrasserez votre ombre, vous ne vivrez plus dans la peur. Vous aurez la liberté de créer la vie que vous avez toujours désirée.

Ne vous battez pas pour atteindre la perfection car c'est le désir de perfection qui nous a amenés à construire tant de murs à l'intérieur de nous-mêmes. Recherchez la complétude, recherchez à faire vivre la lumière et l'ombre, également. Juste parce que tout a un côté lumineux et un côté sombre, comme c'est vrai pour chaque personne. Etre humain, c'est être tout.

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Jeudi 17 avril 2008

éditions de Candide (sans doute dans une autre édition depuis)

Le titre complet : "Du Sahara aux Cévennes ou la reconquête du songe". Il s'agit d'une autobiographie. Pierre Rabhi est d'origine algérienne, né et élevé dans une oasis du Sahara. Il a été adopté par une famille française mais au début vivait alternativement dans ses deux familles. Son parcours est singulier et très riche humainement. A travers ce parcours, difficile le plus souvent, il cherche les racines profondes de l'être humain : la terre, reliée au ciel.
Dans la droite ligne de son engagement pour un retour au respect de la Terre, de l'humain dans la nature, Pierre Rabhi a été sollicité pour porter un message d'insurrection des consciences lors des élections présidentielles de 2002. Un mouvement pour l'insurrection des consciences se crée suite à cet appel. Pour en savoir plus : www.rabhi2002.net

ce livre a reçu le grand prix littéraire cévenol "le cabri d'or " en 1984
GL

Extraits :

Je trouvais les miens bien cruels et insensibles avec les animaux. Pourtant, ils avaient trouver pour désigner ces créatures le terme le plus compatissant : les muettes. Que de tendresse sous-entend ce terme, qui évoque l'innocence de celui qui ne juge point et subit en silence, sans une plainte, les caprices de bipède.

En ces lieux, berceau d'une civilisation authentique, les châtaigniers pleurent de chagrin, j'en ai vu un, splendide vieillard avec des ramures immenses, un tronc comme une colonne de temple. "Je les ai nourris, me dit-il, j'ai nourri leurs pères et les pères de leurs pères. Je n'ai jamais trahi ma promesse, même les années les plus difficiles où mes racines fouillaient désespérément la terre assoiffée, j'ai fait ce que je pouvais et plus que je ne pouvais, mais toujours j'ai voulu qu'ils vivent. A l'automne, j'étais heureux de leur jeter comme à des volatiles une pâture aussi abondante que possible. Après quoi, je m'absentais de moi-même, ne laissant qu'une apparence effeuillée comme maintenant. Un tronc, des branches, des feuilles, quelques racines dont on admire la puissance de serre lorsque l'effort les fait s'exhiber. Laissez-moi rire, cela n'est que le prétexte, ma vérité, voyez-vous, ce n'est pas l'édifice... Le plus beau palais n'est rien s'il n'est habité. Mettez-y seulement un enfant si vous voulez lui donner un esprit. Et bien, en ce qui me concerne, c'est la même chose, mon édifice ne serait rien s'il n'était habité par moi."

Rien n'est séparé de rien, le balancement : joie - peine - effort - repos - espoir - désespoir, se fait à l'intérieur d'une cohésion et non selon des alternatives contradictoires et indépendantes. Nous avons aussi appris que la plus grande mutilation que l'on puisse faire à l'homme, c'est de le priver de toute insécurité. L'insécurité nous a forcés à tirer de nous-mêmes des richesses que nous ne soupçonnions pas : imagination, créativité, résistance physique et psychique, victoire sur les privations de toutes sortes, les inconforts.

 

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Jeudi 17 avril 2008

éditions Actes Sud/Leméa

Grâce à un atelier de lecture, j'ai découvert cette mine de réflexion et je n'ai pas fini de l'exploiter. "La vieillesse, dit l'auteur, c'est que plus personne n'a besoin de vous..." J'entends une amie de 86 ans, si jeune dans sa tête et dans son coeur, me confiant : "Il faut que je fasse attention. Mes trois filles sont grand-mères. Je ne dois pas être pesante pour elles".
Gisèle Relange


Rechercher les critères de choix d'une maison de retraite et décider d'entrer soi-même ou d'aider un parent à y entrer, imaginer ou observer la vie dans une telle maison avec son réseau de relations de tous ordres... Si vous avez déjà été impliqué dans une telle situation, si une réflexion sur le rapport mère-fille, l'inversion des rôles vers la fin de la vie, la solitude de la vieillesse, la vulnérabilité de la femme seule ou de celle qui est devenue veuve, le respect de la personne, surtout quand elle est diminuée par l'âge ou la maladie, la vie dans nos campagnes d'autrefois... Si tout cela vous intéresse, alors cela vaut vraiment la peine que vous lisiez ce livre.

L'auteur, parlant à la première personne, évoque les dernières années de la vie de sa mère. Elle nous fait comprendre ses joies, ses lassitudes, ses irritations, sa volonté de bien faire, l'ambivalence de ses relations avec sa mère.

Avec la précision d'un entomologiste, elle va au fond des choses. L'événement, le prétexte le plus anodin en apparence lui sert de point de départ pour décrire et tenter d'expliquer, de comprendre les mécanismes qui sous-tendent les réactions de sa mère et les siennes propres. Le moindre objet va aussi l'entraîner à faire revivre devant nous tout un monde.

Quand elle parle de son écriture, elle précise que ce n'est pas un puits où l'on s'enfoncerait mais "l'espace, gambader, explorer". Elle tricote avec un art consommé tous les thèmes de son livre. J'ai été saisie par cette lecture à laquelle je n'ai pu m'arracher du début à la fin. La justesse du ton me donnait l'impression d'avoir été moi-même, selon les cas, acteur ou témoin des scènes décrites, des relations évoquées, des réactions notées. J'étais émue de certaines scènes dont j'aurais pu nommer les acteurs, les lieux. Ses indignations étaient les miennes : "Allez les mamies..." Où est le vieillard ? Où est la personne ?

A la justesse du ton, vient s'ajouter l'art de l'écrivain qui utilise des formes jeunes. Le rythme est enlevé avec des scènes campées comme au théatre. Il y a des trouvailles. Ainsi : la vieille mère est invitée chez son fils. elle cherche à faire bonne figure. "La reine est de retour... La belle maison devenue maison vassale..." Certaines scènes sont savoureuses : quand, cédant à sa fille, elle accepte de consulter un médecin, elle "renverse les positions... et se fait conseillère du médecin en le transformant en un jeune homme doué mais encore innocent quant aux choses de la vie... Elle rétablit l'équilibre des forces, elle n'est plus un être diminué dans les loques de la vieillesse, elle revient d'égal à égal dans le champ des humains, reprenant... le terrain perdu par son déclin physique".

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Jeudi 17 avril 2008

éditions du Relié

A travers son expérience d'homme vieillissant, ayant dû renoncer à une vie très remplie, Ram Dass nous invite à vraiment accueillir les changements liés à l'âge et à la maladie afin d'entrer de plus en plus dans la sagesse. C'est écrit avec humour et coeur.  
GL

Extraits :

Notre dépendance crée une situation susceptible de transformer véritablement les parties concernées. En acceptant de demander de l'aide, nous permettons à notre entourage de rendre service et de répondre ainsi au besoin d'altruisme que nous ressentons tous. En vivant sans tension notre dépendance, nous aidons ceux qui nous entourent à se libérer de leur propre peur liée à la perte d'autonomie. En revanche, si elle provoque en nous colère ou résistance, nous engendrons de la souffrance, puisque nos sentiments mettent mal à l'aise ceux qui s'occupent de nous.

Souvent, j'ai dû remettre mes pendules à l'heure  afin de me remémorer que je ne suis ni ce corps paralysé, ni cette attaque, même si elle a radicalement modifié ma vie et menace parfois de dominer ma conscience. De la même façon, un mourant ne se réduit pas au corps que vous voyez sur le lit. Rappelons-le leur   et rappelons-nous-en quand notre heure viendra. Nous contribuerons ainsi à ce que diminue la souffrance. En nous intéressant aux autres facettes de l'identité d'un mourant, notamment à son existence en tant qu'âme, nous évitons cette identification à la maladie lorsque les circonstances de la vie nous poussent dans ce sens.

Nous pouvons choisir de vieillir comme nous l'entendons. Nous pouvons faire de nos transformations des richesses tant pour les autres que pour nous-mêmes. Pour cela, il faut prendre le temps de connaître le fonctionnement du mental et de découvrir comment il détermine la qualité de notre existence.

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Jeudi 17 avril 2008

éditions Pocket

Un roman passionnant racontant les aventures d'une tribu d'hommes préhistoriques. On s'attache aux personnages, on comprend leur façon de voir le monde, d'agir pour la survie du clan.
Cette histoire constitue le 1er tome d'une saga "les enfants de la Terre". Viennent ensuite "les chasseurs de mammouths", "la vallée des chevaux", "le grand voyage", "le retour d'Ayla" et le dernier qui vient de sortir "le refuge de pierre".
Je vais me procurer le tome suivant après le plaisir que j'ai eu à lire le 1er. On verra si l'enthousiasme reste au rendez-vous, comme pour Harry Potter !  PS : aujourd'hui (2008), des années plus tard, je peux dire que les tomes suivants sont aussi vraiment bien, j'ai lu les 5 avec grand plaisir !!

GL

Une tribu du Clan de l'Ours des cavernes, chassée de sa grotte par un tremblement de terre, découvre une enfant des Autres, blessée et mourante, seule rescapée de sa tribu. La guérisseuse la soigne et l'adopte. L'intégration d'Ayla, cette enfant des Autres, dans la tribu provoque de nombreuses difficultés et conflits, mais il semble qu'Ayla porte chance au groupe. Elle est protégée par un totem extrêmement puissant. 

Extraits :

- Je ne suis qu'une fille, ô Grand Lion des Cavernes, et je suis fort ignorante du monde des esprits, mais il me semble mieux le comprendre à présent. Le lynx était une épreuve autrement plus importante que Broud. Creb m'a toujours enseigné qu'il est malaisé de vivre avec des totems puissants, mais il ne m'a pas dit que leur plus beaux dons se trouvent en nous. L'épreuve ne consiste pas seulement à réaliser une action difficile mais aussi à savoir qu'on peut l'accomplir. Je te suis reconnaissante de m'avoir choisie,  Grand Lion des Cavernes. je souhaite me montrer éternellement digne de toi.

- Et d'où vient à ton avis le rang élevé de la guérisseuse, Ayla ? Elle porte en elle une partie de l'esprit de chaque membre du clan, aussi bien homme que femme. Et de tout le Peuple du Clan, en vérité. Elle aide chacun à venir au monde et veille sur leur santé tout au long de leurs vies. Quand une femme devient guérisseuse, elle reçoit une partie de l'esprit de chacun, même de ceux qu'elle n'a pas eu l'occasion de guérir, car personne n'est à l'abri d'un accident ou d'une maladie.

- Broud, quel est le chasseur qui n'a sauvé un jour la vie d'un autre ? Quel homme ne possède une partie de l'esprit de chacun des autres ? Quel homme n'est le frère de tous les autres ? Qu'importe que Durc devienne maintenant ou plus tard le frère des fils de ta compagne ! Pourquoi t'y opposes-tu ?

 

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Jeudi 17 avril 2008

éditions Gallimard

Très bel hommage d'un fils devenu adulte à son père, mort quand il avait quinze ans et qui continue à terriblement lui manquer. Belle leçon de vie donnée par un homme libre, libre des conventions, libre de choisir ses jeux et ses extravagances.
GL

Alexandre Jardin décrit le personnage hors du commun qu'était son père, Pascal Jardin. Un homme qui a choisi de vivre ses rêves en y entraînant ses proches. Un homme qui a choisi de vivre en enfant et en amant. Etonnant !

Extraits :

Ce soir-là je fus privé de dessert mais je sus très nettement que c'était comme cela que je voulais exister, avec cette liberté-là, si pleine de gaieté. Je me sentais le coeur à aimer le sort de funambule qui m'attendait, prêt à me propulser dans un destin vraiment Jardin.

Comment aima mon père ? Cette question ne cessa jamais de m'occuper l'esprit, tant je reste fasciné par l'amant qu'il fut. La trentaine de femmes que je surpris dans l'église Sainte-Clotilde le 30 juillet 1996 m'apportèrent toutes des réponses différentes quand, plus tard, j'eus l'impudeur d'en interroger certaines avec franchise. Pour chacune d'elles, le Zubial avait inventé un art d'aimer, renouvelé ses figures pleines de fantaisie. (...) Mais, si différentes fussent-elles, ces fictions vécues furent toutes marquées par sa rage de connaître le vrai visage de la Vie. Dans ses bras, ses maîtresses eurent toutes la sensation d'exister sans fard, d'entrer brusquement dans leur vérité en terrassant leurs peurs ; alors même qu'il les rêvait.

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Lundi 14 avril 2008

éditions Gallimard

Un superbe roman, dans la lignée de l'Abyssin et de Sauver Ispahan. Pour une fois, le prix Goncourt a couronné un roman intéressant un large public. On y retrouve le thème cher à Jean-Christophe Rufin du "choc des civilisations", du contact entre l'Occident conquérant et évangélisateur et les indigènes, ici les Indiens du Brésil, vivant en harmonie avec la nature. L'évolution du chef de l'expédition, abandonnant son humanisme pour des positions fanatiques et cruelles est très intéressante. GL

Le contenu : au XVIe siècle, un Français débarque sur une île de la côte brésilienne pour créer "la France antartique". Il a amené avec lui des hommes de différents corps de métiers pour bâtir ce nouveau monde. Ils seront tous employés à construire un fort pour se protéger d'éventuelles attaques portugaises. Il y a aussi des enfants, dont Just et Colombe (déguisée en garçon), pour devenir truchements (interprêtes) vis-à-vis de la population autochtone. Une véritable épopée démarre, la réalité est loin de correspondre aux rêves de départ. L'arrivée d'un renfort de protestants pour l'île alimente les conflits religieux dans la petite colonie et précipite sa fin. Certains ont eu la chance de découvrir en profondeur la vie des indiens et resteront.

Extraits :

Just sentait la fierté d'appartenir à la seule espèce capable d'ordonner la nature à son idée, de faire exister en pierre et en bois, l'image rectiligne, pure, équilibrée de la perfection. toutes les leçons de l'amiral   - qu'elles concernassent Platon ou les fortifications militaires - lui apparaissaient comme le propre de l'homme sur cette terre.

Tout est sacré pour les Indiens, les fleurs, les rochers, les eaux qui courent dans les montagnes. Une infinité d'esprits habitent et protègent les objets, les paysages et les êtres. On ne peut rien toucher qui ne délivre des forces et limite le mal qu'on peut faire au monde. (...) Mais les autres... En dépouillant la nature du sacré, ils l'ont laissée sans protection, soumise à la volonté meurtrière des hommes. Il suffit de voir ce qu'ils ont fait de leur île. Plus rien de vivant n'y pousse et c'est eux-mêmes, maintenant, qu'ils déchirent. S'ils sont un jour maîtres de toute cette terre, ils en feront un champ de mort.

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Lundi 14 avril 2008

éditions Indigo et côté femmes

Nafi Nassim nous fait partager sa vie en toute simplicité, son combat de femme seule contre un régime totalitaire, l'Afghanistan des communistes. Le récit date un peu mais il met en évidence les mécanimes communs à  toutes les dictatures puisqu'elle est amenée à séjourner dans l'Iran des ayatollahs. Cette femme a trouvé en elle des ressources insoupçonnées pour fuir l'Afghanistan trois fois de suite : elle y est retournée à deux reprises jusqu'à ce que tous les siens soient à l'abri.
GL


Ce témoignage décrit l'histoire d'une femme qui a fui son pays, révoltée par la brutalité des communistes afghans et par l'invasion soviétique. Les jeunes garçons étaient enrôlés de force, soit pour partir au front servir de chair à canon, soit pour aller "étudier" en URSS et revenir ensuite comme cadres de l'armée. Son mari est fait prisonnier et torturé. Elle doit prendre en charge la famille. Elle s'engage comme infirmière dans une ONG et porte un regard critique sur une partie des occidentaux partis dans ces organisations.

Extraits :

J'ai le souvenir de l'angoisse, de l'urgence, mais souvent aucun souvenir des couleurs, des odeurs... Je ne sais même pas si je les ai perçues. Mon souvenir est souvent celui de la respiration bloquée, de la gorge serrée...

Je comparais mon pays à l'Europe et j'étais fière d'être afghane. Y aurait-il eu dans un car une Européenne pour adopter en moins de trente secondes l'enfant d'une inconnue, sans papiers, sans état-civil, sans même savoir son nom ni son prénom, ni son sexe ? J'étais fière d'être née dans un pays pauvre où la vie pouvait continuer de façon naturelle, sans autre complication que la question simple qui avait été posée : "Y-a-t-il ici une femme qui puisse allaiter ?" J'ai entendu dire que pendant la dernière guerre mondiale, il s'était produit en France des cas de ce genre. Faut-il des guerres pour que les hommes et les femmes puissent donner le meilleur d'eux-mêmes et faire ce qu'en temps ordinaire, ils considéraient comme une folie ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

J'appartenais à ces deux mondes. Je souffrais avec les Afghans de la mentalité souvent coloniale des Européens, et j'étais parfois gênée par le comportement de certains. J'avais toujours tendance à défendre ceux avec lesquels je n'étais pas. Dans les camps, je cherchais à rétablir un peu la vérité : tous les Européens n'étaient pas des débauchés (...) Certains Européens, sans même s'en rendre compte, prenaient souvent les Afghans pour des sauvages, oubliant qu'ils avaient affaire à un peuple en guerre, démuni de tout, réduit à la misère des camps, désorganisé. Ils ne savaient pas qu'ils rencontraient une très vieille civilisation, de très anciennes traditions. Souvent, de ces trésors, ils ne voyaient rien, ne percevaient rien.

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Lundi 14 avril 2008

éditions du Cerf

Un petit livre tonique, écrit par un philosophe canadien de renom ; s’adressant au plus grand nombre, il mène une réflexion approfondie, sans simplisme ni étalage d’érudition.
Vincent Hallé

Les trois malaises de la modernité sont situés brièvement dans leur histoire et analysés sous leurs versants positifs et négatifs :
1) l’individualisme, entre l’idéal d’épanouissement de soi et le repli purement égoïste ;
2) Le «désenchantement du monde» (la «mort de Dieu») entre émancipation et vertige ; entre les conquêtes de la science et la perte de sens ;
3) Le sentiment de fatalité et d’impuissance devant le cours inquiétant du monde ; en particulier impuissance de toute  participation politique au sens large. Parcours entre ce sentiment d’impuissance et les vertus des projets en commun et de l’exercice de la délibération.

Que l’on soit d’accord ou non avec les thèses de l’auteur, il donne ici des clés fondamentales pour comprendre nos sociétés contemporaines et  s’orienter dans les problèmes qui les taraudent.

Si l’on souhaite élargir et approfondir sa réflexion sur des thèmes contemporains, on peut consulter la ‘somme‘ suivante (d’un niveau de compréhension parfois plus difficile, mais très riche : une mine ! à faire acheter par les bibliothèques) : « Chronique des idées contemporaines »  sous la direction de Joël Roman, éd. Bréal (existe  en version + économique poche). Il comprend 300 textes commentés et situés dans leurs problématiques, rangés sous les grands thèmes suivants : 1) comment s’orienter dans les idées? 2) La modernité en question. 3) Une société éclatée. 4) Une esthétique désincarnée. 5) La dynamique des échanges. 6) Les outils de pensée. 7) L’unité du monde. ---  Index d’au moins 200 auteurs et riche bibliographie.

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Lundi 14 avril 2008

Ce sentiment d’avoir été abandonné par un ami, de trouver tout le reste fade, je viens de l’éprouver en terminant Les nouvelles Confessions de William Boyd.

Donatien Moisdon

 
Il s’agit d’une biographie fictive : celle d’un metteur en scène d’origine écossaise qui devient vite une figure internationale dans le monde du cinéma.  Il connaît des hauts et des bas.  Il ne meurt pas dans la misère mais il n’atteint jamais son but ultime : sortir un ou plusieurs films sur la vie de Jean-Jacques Rousseau. 

Le style est simple mais, comme tous les styles “simples” il est certainement très travaillé.  La traduction en français est excellente.  On lit sans effort.  C’est souvent, d’ailleurs, la rançon du grand art.  Un ouvrage qui se lit sans effort donne l’impression d’être ce que l’un de mes amis appelle “un roman de la série ‘B’” comme ces films, bien ficelés mais peu percutants des années 50 et 60.

On souffre, en France, d’un certain préjugé contre la simplicité du style mais aussi contre l’intrigue claire et bien menée.  Les “intellectuels”, invariablement “de gauche” nous ont insidieusement convaincus qu’un roman doit être obscur, alambiqué, difficile à lire et à comprendre.  De même qu’il a fallu un petit garçon pour crier, dans la foule, que le roi était tout nu, il est temps de crier que ces “intellectuels” n’ont aucun talent.  Ils sont incapables de s’exprimer clairement et de faire palpiter le lecteur avec une intrigue ou simplement une histoire intéressante.

Pourquoi s’intéresse-t-on tellement à la vie de ce metteur en scène fictif ?  Je me suis posé la question tout au long du livre sans trouver la réponse.  On peut dire, comme d’habitude, que ce n’est pas le sujet qui compte mais la façon dont il est traité mais ce n’est pas une vraie réponse.  J’en hasarderai une pourtant : la perfection !

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